23 août 2012

Barbe bleue, Amélie Nothomb

  

9782226242969

 

Barbe bleue est le vingt-et-unième roman de la célèbre écrivaine belge. Référence évidente au conte pour enfants, ce récit est sans réelle surprise, tant au niveau du fond que de la forme. On sent toujours de la part d'Amélie Nothomb cette envie d'écrire des fictions dans l'unique but d'écrire en soi. Les personnages de ce roman sont peu nombreux, et sont intéressants à analyser d'un point de vue narratif.

 

Raconté par un narrateur externe au récit, Barbe bleue est un roman à l'intrigue simple en fait, mais subtile dans le fond. En effet, comme le veux l'écriture d'Amélie Nothomb, il y a des secrets, des mystères qui ne sont dévoilés qu'au fur et à mesure que l'intrigue avance. Cela permet ainsi au dynamisme de ne pas s'étioler et de capter le lecteur, encore et toujours. Le fait est que l'auteur y arrive. Barbe bleue réunit les caractéristiques du page-turner, malgré un enchaînement parfois trop succinct des événements. De plus, l'écriture s'ajoute à cette intrigue, que l'on pourrait qualifier d'attrayante.

 

En effet, la première chose qui interpelle le lecteur est la prépondérance du dialogue. Volonté de donner une vivacité plus facilement au récit ou simple envie de la part de l'auteur, les personnages ont la possibilité d'être plus incarnés que par le discours narrativisé. De plus, ces mêmes protagonistes - Don Elemirio - semblent contenir en eux un flot de références. Outre le célèbre Barbe-bleue, on pourrait noter ce rapprochement à l'oeuvre espagnole de Benito Pérez Galdós, Tristana. En effet, Don Elemirio ressemble étrangement au personnage de Don Lope, figure quelque peu floue de l'auteur espagnol - On ajoutera bien évidemment l'utilisation de la particule Don. Tantôt Don Juan, tantôt Don Lope, le protagoniste d'Amélie Nothomb semble donc être un amas de figures littéraires, ce qui, ajouté à sa profondeur psychologique, le rend très intéressant à analyser. 

 

L'écriture d'Amélie Nothomb ne réserve désormais plus grand surprise. Le vocabulaire est parfois ampoulé, mais malgré cela, les événements sont totalement clairs, et le lecteur se retrouve plongé dans cet appartement, où Saturnine se voit cohabiter avec cet homme effrayant et tendre à la fois, rendant leur discussion parfois vacillante : Vous n'avez vraiment rien compris. C'est là deux mondes qui s'opposent et s'affrontent, avec, comme le veut un combat, un gagnant et un perdant. 

 

Amélie Nothomb nous livre ici un bon vingtième roman, sans nette surprise toutefois, mais dont le récit se lit avec plaisir. Les personnages, associés à l'écriture, ne sont pas des simples meneurs d'intrigue; Leur fond psychologique se mêle à la forme, et la trame narrative n'en ressort que plus captivante.

 

Barbe bleue, Amélie Nothomb, Albin Michel, août 2012, 16.50€

 

Posté par actulitteraire à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Barbe bleue, Amélie Nothomb

    Je ne prends guère de plaisir ni d'interêt à lire cette auteure, j'ai souvent l'impression qu'elle nous jette ses brillantes idées sur quelques pages vite écrites et aussi vite publiées.

    Posté par Malika, 28 août 2012 à 09:34
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